mercredi 22 mai 2013

la possibilité du garçon #1300

il y a trois ans, j'ai lu d'aussi loin que je me souvienne, il s'est toujours levé tôt, et j'avais été touché par ce récit de Vincent Flamand avec qui j'ai partagé vaguement quelques années de séminaire il y a longtemps. J'y avais deviné l'indicible épaisseur du bonhomme fascinant, dans un récit tendre et vrai, cru et amoureux, celui qu'un fils écrit sur son père. Cette lecture avait ouvert encore plus de questions... car si Vincent avait été ordonné pendant les années où j'étais à Paris, il avait quitté le ministère depuis. Et ce récit me perdait dans cette décision qui m'effraie toujours un peu.

Pourquoi et comment peut-on poser un non sur un "oui" donné il y a quelques années ? et le portrait sensible du père ne répondait pas... ce mystère se pare de mots qu'on tait trop souvent, par pudeur, pudibonderie, malséance... c'est un mystère pris dans une vie en déploiement, c'est un mystère que je ne comprendrai jamais, mais que j'essaie parfois d'accompagner le moins infidèlement possible.  Vincent vient de sortir un deuxième livre, la possibilité du garçon, aux éditions du castor astral. Il republie le portrait de son père, bourru incompris et dévoué à son fils... et pose en écho celui tout aussi amoureux mais étouffant de sa maman, et les soubresauts qu'il fit pour éreinter cette étreinte. C'est très très bien écrit, sans animosité ni comptes à régler, et on devine le fils qui grandit au milieu de ces deux amours envahissants. Si le récit du père disait quelque chose de l'homme devenu, celui de la mère dit encore autre chose de l'homme en devenir. Et cela dit l'aventure d'un oui, puis d'un autre. ça décape, mais c'est bon.

J'ai fini de lire ces récits il y a de nombreuses semaines mais ne sais pas les chroniquer. J'ai simplement aimé écouter aimer.

La-possibilité-du-garçon-Vincent-Flamand

« J’ai écrit Fifoche pour me rapprocher de mon père et La possibilité du garçon pour me séparer de ma mère. La tentation serait grande de vouloir tout expliquer, nuancer, corriger ; de tenter, par le pouvoir de l’écriture, de retarder un tant soit peu encore la tristesse des adieux. Mais j’imagine déjà l’énervement de mon père, piaffant d’impatience à l’idée de rater le train pour l’au-delà, et j’entends presque les cris de ma mère, consternée à la perspective de devenir un fantôme, elle qui, de son vivant, a tant cherché à être un peu moins hantée, possédée par l’angoisse.
Alors je m’abstiens et je mets un point final à ces textes que j’ai écrits pour pouvoir vivre une autre vie, une vie sans eux. Quoique… » Vincent Flamand. Deux textes composent ce récit. Le premier, Fifoche, est dédié au père du narrateur. Le second, La possibilité du garçon, est consacrée à sa mère. Ce diptyque constitue l’hommage douloureux mais apaisé d’un fils unique à ses deux parents, dont l’amour débordant et pour tout dire merveilleux, en est venu peu à peu à le fragiliser.
D’un côté, un père âgé, fantasque et permissif ; de l’autre, une mère anxieuse, protectrice et fusionnelle. Ce très beau témoignage, vibrant et émouvant, se partage entre confession, (psych)analyse et poésie. Avec une grande justesse, Vincent Flamand a mis en mots la joie, la détresse et les paradoxes de tout amour filial.

Le Castor Astral, coll. Escales des lettres, 2013 – 142 p. – 12 € – ISBN : 978-2859209360

mardi 21 mai 2013

I'm sing(apore) in the rain

dans des contrées non moins pluvieuses que nos mois de mai arrosés
ils ont pris leur parti de ces déluges quotidiens,
et décorent les portes du train interne de l'aéroport de stickers édifiants

IMG_20130218_204444

alors s'il fait un peu frais,
profitez-en pour mettre les bières à rafraîchir sur le rebord de la fenêtre^

(et je ne dis pas ça parce que j'habiterais une région connue pour ses pluies très fréquentes, ses températures très tempérées et son vent très présent, non :) )

mardi 14 mai 2013

sept cent millions de...

1 214 000 000 catholiques*
713 000 religieuses
413 418 prêtres,
55 000 religieux
41 000 diacres
5 132 évêques
2 papes
en gros
un Jésus.

ces nombres, impressionnants, ne disent rien. ou peu.
parce que je connais des baptisés qui préfèreraient se faire radier que d'être comptés dans ces cumuls
parce que je connais des chercheurs de Dieu qui n'ont pas (encore) rencontré Jésus
ni pu/su être baptisés
parce que le nom de chrétien ne dit rien, ou pas assez, de l'aventure intérieure qu'il suggère
parce que l'aventure se dit entre Jésus et soi, au coeur d'un peuple beaucoup plus grand.

N'empêche, ça fait plus d'un milliard d'humains à qui Dieu a parlé d'amour
plus d'un milliard d'humains qui doivent se demander ce qu'ils doivent en faire
ou au moins doivent se demander si c'est ça qu'ils ont au cœur... 
ça fait un million deux cent mille humains qui ont consenti à se donner (au moins un peu)
et tout cela, ça peut faire un beau ferment dans l'humanité.

* au 31 décembre 2011, selon l'annuaire statistique de l'Eglise
sauf pour les deux papes. via Vatican Information Service

lundi 13 mai 2013

avis de vent frais

Parfois la nature, c'est simple, formes géométriques et couleurs à plat. Blogdavidlerouge-186
un peu comme la foi, vue de loin.
Blogdavidlerouge-187
mais si on s'avance un peu, un gros peu
Blogdavidlerouge-188
on se mouille un peu, on découvre des subtilités
Blogdavidlerouge-189
mais dans tout cela, il manque un troisième élément
un élément en mouvement. Le vent.
frais, fort, vivifiant.

derrière l'écran, c'est joli,
à expérimenter, c'est puissant.

comme la foi.


Blogdavidlerouge-185

et t'auras toujours des gens pour t'expliquer que ça sert à rien
parce qu'ils ont réfléchi ça dans leur tête.
dans leur tête, voilà.

dimanche 12 mai 2013

Le Viking Général

En l'attente d'un futur évêque, c'est notre viking vicaire général qui a été choisi comme administrateur diocésain, pour la deuxième fois en six ans, et j'aime bien l'idée de son profil inhabituel au milieu de la conférence des évêques de France...

BlogDavidLerouge_613

jeudi 9 mai 2013

anodin

un jour, vous avez regardé une photo, et vous l'avez crue.

Blogdavidlerouge-183

L'école de prière est un moment léger où les enfants sont rayonnants
et pas du tout comme ces photos où les noirs sont poussés
les contrastes avancés, le grain diminué.

Blogdavidlerouge-184

si un jour, vous oubliez que la photo est l'œuvre du photographe...

Blogdavidlerouge-182

repensez à cette série de portraits, vibrants, plus vibrants que ce qui fut... Blogdavidlerouge-181Blogdavidlerouge-180Blogdavidlerouge-178Blogdavidlerouge-176Blogdavidlerouge-173Blogdavidlerouge-174Blogdavidlerouge-161Blogdavidlerouge-164Blogdavidlerouge-166si c'estBlogdavidlerouge-175

Blogdavidlerouge-169vBlogdavidlerouge-162Blogdavidlerouge-171Blogdavidlerouge-179

Bref, de la photo, il faut apprendre à regarder...

lundi 6 mai 2013

Lumière des hommes

nettoyage de printemps, bis, après l'heure au pied de biche
une deuxième heure dans une autre église, pour le sacrement du pardon
exceptionnellement, à Cherbourg, il fait beau, et quand je redis la lumière de Dieu
à ceux qui viennent dire leur volonté d'être libérés de leurs obscurités
je vois que la lumière qu'ils reçoivent m'illumine, moi

Blogdavidlerouge-155

je veux voir Dieu

petit ménage de printemps, au pied de biche dans une chapelle...
on vide les placards, on range un peu.
et on dégote de vieux bouquins
poussiéreux, rouge et beige fatigués

 Blogdavidlerouge-156

à la reliure grossière
livres qui racontent sûrement une histoire
ou invitent à chanter

Blogdavidlerouge-157

à vrai dire, je n'ai aucune idée de ce qu'ils contiennent
ils me disent, témoignent, silencieusement
que la foi n'est pas un discours, un message, une lecture convaincante
mais que je ne la découvrirai vraiment qu'en y mettant les mains
les doigts, pour peu qu'on m'apprenne à lire

Blogdavidlerouge-154

si tu trouves que Dieu se tait, c'est peut être que tu ne sais pas écouter avec les doigts

dimanche 5 mai 2013

le truc qui fait rêver

Accompagner des couples vers leur mariage à l'église, Sourire
Ecouter leur histoire et leurs demandes, en admirer la richesse Surpris
Les aider à voir et formuler l'épaisseur de leur projet, Premier de la classe

se réjouir avec eux de la beauté et de la profondeur de cet engagement Rire
parler avec eux de la foi, découvrir la place que Dieu n'y a pas Confus
évoquer et appeler au projet de sainteté qu'est le mariage Ange
être vrai, être appelant, déployer pour eux comment Dieu va vraiment les aider Flirt (hommes)
réaliser que pour certains il va falloir encore un miracle d'initiative de Jésus pour qu'ils le vivent pas que comme un engagement mais comme un don à faire grandir... Coeur rouge

rêver d'une sorte de #cana #bis qui ne parte pas en fumée.

jeudi 2 mai 2013

Rrurrall

toi qui, (comme moi) vis dans une super paroisse, cool, de ville, avec plein de gens qui vont bien dedans,
toi qui te barres de ta paroisse pas glop pour aller là où ça va mieux de temps en temps (pasque les enfants, la foi, toussa)
toi qui kiffes ton monastère de compèt' où les sœurs assurent grave,
toi qui (comme moi) as bitché plus d'une fois sur l'harmonium qui joue de la daube
toi qui (comme moi) oublierais presque qu'en dehors de ton petit milieu qui-va-bien, c'est un peu short
toi qui (comme moi) oublies un peu ceux qui rament au nom du Christ mais dans une mélasse complexe remplie de gens vrais mais pas aussi touchés qu'ils le voudraient...

n'oublie pas que dès les années années 60, on portait déjà[1]  le souci des petits, ceux que tu ne connais pas, ceux qui ne ressemblent pas à ton désir, mais qui sont là, petits dans la foi...

"pour les paroisses rurales"

IMG_20130430_165147

alors si ça va bien pour moi toi, on va pouvoir se bouger. Si[2] .

passque Jésus, il a comme projet, fou, de TOUS nous sauver. si. jtejure

Notes :

[1] à vrai dire, on l'oublie souvent un peu vite...  "yzonka" venir chez nous, ça sera bien pour eux, pense-t-on souvent un peu vite.

[2] et trouver les modalités d'un "accompagnement simple"

- page 1 de 129